Répression violente de manifestants en Afrique du Sud

En Afrique du Sud, la police a violemment réprimé des manifestants protestants contre le refus du président Jacob Zuma de publier un rapport dénonçant la corruption dans les hautes sphères de l’état. Le rapport a finalement été publié cet après-midi.

Tout commence il y a deux semaines lorsque l’ancienne médiatrice de la République sud-africaine annonce qu’un rapport compromettant va être publié à propos des liens entre le président Jacob Zuma et le clan Gupta, famille de riches hommes d’affaires ayant fait fortune dans divers domaines comme les matières premières, les médias ou les nouvelles technologies. Selon le document, les Gupta aurait influencé fortement la politique du président Zuma en faisant nommer leurs proches au sein de plusieurs ministères.

Le chef d’état sud-africain s’oppose alors à la publication, saisi un des plus importants tribunaux du pays, la Haute Cour de Pretoria, pour l’empêcher puis dépose un recours d’urgence. Selon plusieurs personnalités du monde politique et culturel, le but de Zuma est de retarder le plus possible la publication du document dans un contexte où ses actions politiques sont souvent remises en causes. Apprenant l’existence de ce rapport, une partie du Congrès national africain, son propre parti, l’abandonne et la fondation Nelson-Mandela, dont plusieurs membres l’avaient anciennement soutenus, demandent sa démission immédiate.

Pour protester contre le refus de l’état de publier ce document et pour demander la démission du président, des milliers de personnes descendent manifester dans les rues de Pretoria, la capitale, le mardi 1er novembre. Alors que les manifestants s’étaient réunis devant le palais présidentielle, la police a tiré des balles en caoutchouc et a fait utilisation de canons à eau pour les disperser. Plusieurs centaine de protestataires sont cependant restés devant les grilles du palais d’où des policiers anti-émeute ont cherché à les chasser. La plupart des manifestants se revendiquent des partis d’opposition au gouvernement et notamment du parti anticapitaliste Economic Freedom Fighters (ou Combattants pour la liberté économique), composé de dissidents du Congrès national africain.

Ce matin, face à la situation de plus en plus tendue, le président Jacob Zuma a retiré son recours (la justice avait déjà décidé de la publication en première instance) en permettant ainsi de dévoiler le rapport officiel qui a été mis en ligne en milieu d’après-midi. Celui-ci, intitulé La Prise de contrôle de l’État, dénonce fortement la corruption du président notamment par la famille Gupta.

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