À 9 jours du premier tour, le combat des gauches

En moins d’un mois, toute la hiérarchie de la gauche s’est effondrée. Le score de Benoît Hamon dans les sondages s’est affaissé à 8%, une première dans l’histoire du Parti socialiste depuis le début des années 2000, au profit du candidat plus modéré Emmanuel Macron et du candidat de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon. D’autres personnalités comme Philippe Poutou, donné à seulement 2%, commence à se refaire une place dans le paysage politique français.

Dimanche 23 avril 2017, quatre candidats de la gauche s’affronteront dans les urnes : Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Alors que le score prévu par les sondages de Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière, est resté sensiblement le même tout au long de sa campagne, celui des trois autres candidats a évolué, principalement au cours du dernier mois. Notamment, les places de Mélenchon et d’Hamon se sont inversées, l’électorat de ce-dernier ayant été en grande partie grignoté par Macron (de nombreux parlementaires ou anciens ministres socialistes, plus proche de l’aile droite et social-libéral du parti, lui ont apporté leur soutien) et par Mélenchon.

Score2

Cette modification des positionnement dans les sondages a été extrêmement bénéfique pour Jean-Luc Mélenchon. En effet, le vote utile de la gauche était auparavant concentré sur Benoît Hamon qui, sortit vainqueur de la primaire du Parti socialiste, semblait donc le plus à même de parvenir au second tour. Toutefois, lorsque la courbe des tendances s’est inversée et que Mélenchon s’est retrouvé en tête devant Hamon, aux alentours du 15 au 20 mars, le candidat de la France insoumise a été vu comme le nouvel homme fort de la partie de l’échiquier politique à la gauche de Macron. Il a donc bénéficié du report des voix du vote utile qui l’ont mené aujourd’hui à être au coude-à-coude avec François Fillon dans un combat pour la troisième place et peut-être même pour le second tour. Ses qualités de tribun et d’orateur, son expérience politique bien supérieure à celle d’Hamon et sa campagne marketing, s’étant déroulée en grande partie sur les réseaux sociaux, sont les principaux motifs de son actuelle réussite. Toutefois, les principales critiques faites par une partie de la gauche à Jean-Luc Mélenchon sont son rejet des institutions européennes (dont beaucoup pensent qu’il serait plus intéressant de les réformer) et son protectionnisme.

À l’extrême-gauche, c’est le second débat télévisé, diffusé en direct le 4 avril, qui semble avoir été décisif. Philippe Poutou s’y est fait remarqué comme un candidat relativement sympathique avec des idées nouvelles ce qui lui a offert une visibilité partiellement inattendue. Ce changement a été ressenti jusque dans les colonnes du journal américain The New York Times et a permis au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), dont Poutou est le candidat, de prendre le dessus sur le parti d’Arthaud et de se refaire une place dans le paysage politique français, chose qu’Olivier Besancenot, premier porte-parole du NPA, était déjà parvenu à faire.

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1 commentaire

  1. Poutou et Hamon auraient été de très bon candidats s’ils avaient été plus expérimentés pour les campagnes présidentielles. Mélenchon est en politique depuis plus longtemps est à une bien meilleurs connaissances des campagnes politiques.

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